Il y a peu, le choix était relativement simple : un appareil photo pour les photos (sic) et une caméra (numérique ou non) pour la vidéo. Mais aujourd’hui, avec l’offensive des reflex numériques munis de fonction video, voire de compacts performants, on peut se poser la question : les camescopes ont-ils encore un intérêt ? Les appareils reflex proposent une qualité d’image réellement supérieure, des objectifs interchangeables à un coût très inférieur à du matos video classique. Bien entendu, ils n’offrent pas la même ergonomie, ni en terme de tenue ni en terme d’accessibilité (pas de bouton de réglage son externe par exemple). Ils filment tous en HD, alors que les camescopes savent filmer également en SD, pratique si on est pressé et qu’on ne sort « que » des DVD… Bref, le match est lancé.
Comme souvent en terme de matos, on est tenté de répondre par une question : quels sont vos besoins ? Film de famille, documentaire institutionnel, clip vidéo, film d’action ?
Pour un film de famille, un camescope ne sert plus à grand chose désormais et un simple compact photo pourra faire des images bien suffisante. Un iPhone pourrait presque suffire. Seul bémol : les camescopes à K7, qui permettent d’archiver les rushes à moindre coût en attendant de les monter. mais bon, ceux qui ont fait un peu de vidéo le savent : si on ne monte pas de suite, on risque fort de ne jamais rien monter…Avantage appareil photo, un compact milieu – haut de gamme suffira.
Pour un film institutionnel, la caméra, si possible imposante, fera bon effet auprès des clients. Si la commande porte plus sur le contenu que sur la qualité intrinsèque des images, le camescope sera au top. Bon, faudra prévoir un budget conséquent, pas question d’arriver avec une caméra de poing minuscule, même estampillée HD, l’effet serait inverse de celui recherché. Comptez minimum 2500 euros pour un camescope qui ait un look à peu près « pro ». A ce prix, vous avez un gros reflex avec 1 ou deux objectifs de qualité, mais une moindre accessibilité pour tout ce qui est son. Avantage caméra.
Clips ou film type cinéma : clips video musicaux (ou action, voir ci-dessous), pubs, films de fiction… Voire pourquoi pas films de mariage. Là, le camescope est TOTALEMENT dépassé par les réflex numériques.
En effet, les capteurs des camescopes sont minuscules et du coup, « offrent « une profondeur de champ très étendue. parfait pour les débutants qui apprécient les images nettes de zéro à l’infini, mais un cauchemar pour les esthètes qui veulent un rendu cinéma : des arrières plans floutés à l’extrême, avec un sujet net. Les reflex, dotés de grands capteurs, offrent cette possibilité de « détacher » le sujet du fond. on obtient un superbe rendu cinéma. Et comme ces appareils photos sont souvent moins chers que des camescopes pro, ils remportent l’adhésion de tous les vidéastes actuels.
Pour l’action pure, sans contrainte esthétiques sur l’image, le camescope peut s’en sortir. Attention aux modèles trop grand public qui enregistrent sur DVD (saccades garanties) et privilégiez les K7 mini-DV qui se changent facilement et offrent un rapport quantité / prix inégalé (2 euros pour 1 h de film). L’autofocus des camescopes de qualité offre un suivi correct des actions, on part tranquille. Par contre, il n’y a pas de grand-angle, ce qui est vite handicapant. Si on vaut faire de belles images, avec des flous, de beaux ralentis et pouvoir varier les angles (télé, grand angle) en faisant gaffe à la mise au point (pas d’autofocus sur les reflex en mode video);, le reflex s’en sortira mieux. En résumé, camescope pour le tout venant mais reflex pour les clips d’action léchés…
Petit exemple avec ce « trailer » improvisé pour cet article, avec des images de mon prochain DVD de pilotage : Tout filmé au reflex, objectifs 16-35 ou 70-200 et mise au point manuelle.
Qui l’emporte ? Aujourd’hui, le camescope devient un support « facile », presque destiné aux débutants. Je dis presque, car dans une optique de reportage type TV classique, il offre encore de nombreux atouts si on a du matos « pro » (prises son, torches, maintient épaule, K7 faciles à changer, etc…). Mais pour les amateurs de belles images, rien ne vaut actuellement un réflex. De nombreuses séquences du film « Slumdog millionnaire » sont tournées au 7D, de plus en plus de pubs TV utilisent ce matos… la révolution est en marche.
Bien entendu, il y a des bémols. A l’exception du canon 60d qui dispose d’un écran orientable, les réflex rendent difficiles les prises de vues au ras du sol. Leur ergonomie générale, pas pensée pour la vidéo, est discutable : pas de poignée, pas de prises pratiques pour le réglage du son, etc…
Il va falloir bricoler un peu, inventer, se débrouiller… Mais la qualité d’image est exceptionnelle. Couplée avec la possibilité de filmer en 50 is/s et de faire le montage à 25 i/s, cela peut donner des séquences avec de superbes ralentis. Les sites spécialisés regorgent d’astuces, dont certaines deviennent délirantes, mais bon, on se croirait aux débuts de l’informatique, quand tout restait à inventer. (cf le site Cinema 5D
A titre d’exemple, sur le dernier Roc d’Azur, j’ouvrais à une focale de f:1,6 avec ma Canon XH-A1, un camescope de prix et de poids respectable. Mais les arrières plans flous étaient impossibles à avoir au grand angle, et le télé n’était pas utilisable dans la foule. une image assez plate, donc. A l’inverse, pour le dernier reportage Moto Verte, tourné au 1D, j’ai pu faire exactement ce que je voulais au niveau profondeur de champs. Je vous laisse juger :
Reportage Election Cross 2011 sur le site Moto Verte
Qu’on soit sur sur le 1D MK IV, le 5D MKII ou le 7D, on se retrouve avec des flous à F:2,8 même au grand angle, et des images à tomber par terre dès qu’on zoome un peu. Alors, bien entendu, l’autofocus manuel pose quelques soucis, mais encore une fois, il suffit d’adapter sa manière de filmer pour avoir un rendu au top. Et puis, ça oblige à réfléchir un peu avant de tourner, ce qui n’est pas un mal… De plus, la sensibilité en basse lumière est top. le premier film de test réalisé avec le 1D a été tourné à 6400 Iso, et il n’y a quasiment pas de bruit à l’image. Allez, pour rire, je vous le mets, l’appareil était arrivé à 8 h, juste pour le petit déj’…
Au final, je dirai qu’après quelques films réalisés avec le 1D (dont un DVD entier, un en cours de tournage, deux reportages complets), je ne saurai trop conseiller à tout le monde d’oublier les camescopes pour se procurer un de ces reflex dernier cri. Tous les modèles Canon ou presque proposent la vidéo, dès l’entrée de gamme. Un moyen de justifier l’investissement, puisqu’on a un appareil photo au top doublé d’un camescope étonnant… Après, si on a du temps on peut patienter un an ou deux : il y a de bonnes chances de voir prochainement arriver des camescopes à grand capteur et objectifs interchangeables, reprenant l’essentiel des reflex, mais avec autofocus actif et poignée pratique. Des appareils fabuleux, à priori, mais plus volumineux.
Les plus et les moins :
Camescopes :
+ choix des supports (K7 ou Cartes ou DVD), accessibilité sur les gros camescopes, tenue en main, écran orientable, contrôle du son
- qualité d’image, sensibilité, objectifs fixes
Reflex :
+ polyvalence (photo & video), sensibilité basse lumières, grand capteur (profondeur de champ), objectifs de qualité, interchangeables
- Batterie à durée limitée, cartes vite remplies, pas d’autofocus, pas de poignée, pas de contrôle du son

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Bonjour,
Dernièrement, se déroulait l’IBC (Edition 2011): l’évènement européen de l’année pour les professionnels de l’image.
Nous avons monté une séquence vous montrant un aperçu des dernières nouveautés présentes sur le salon. Consultable directement sur notre chaîne Youtube: http://youtu.be/mLU0kFDmzE8
En espérant que notre vidéo contribue au complément d’information de cet article.
Cordialement,
L’équipe Geek-Trend
Bonjour, je suis effectivement intéressé par un réflex, après plusieurs années passées sur des Z1 et des EX1. Concernant le son, comment avez-vous procédé pour vos interviews? Peut-on raccorder un micro HF au réflex? Ou faut-il un enregistreur numérique?
Pas de problème pour enregistrer avec un reflex. J’utilise selon les cas le micro d’origine (et oui, il n’est pas si mauvais), ou bien un micro filaire pour des interviews en milieu sonore « hostile » ou encore des micros sans fil.
En revanche, les reflex ont un vrai souci au niveau du son : pas de sortie son indépendante, donc impossible de mettre un casque pendant le tournage pour juger de la qualité du son. C’est handicapant, et cela explique que certains se tournent vers des enregistreurs séparés (mais bon, ça ajoute du boulot au montage…)
Bonjour,
Merci également pour cet article tout aussi intéressant (impossible de décoller de l’écran, tant il y a des choses à lire sur votre site…).
Sachant que Canon et Nikon sont de très bonnes marques, j’ai acheté peu après sa sortie le D90 Nikon, car je possédais déjà des optiques de la marque (que je peux réutiliser). Je n’ai pas envisagé la vidéo sur cet appareil, alors que la fonction était mise en avant par les pub. J’achetais un appareil photo, pas un caméscope. Les vidéos ne sont d’ailleurs pas terribles, car très déformantes dans les mouvements.
A présent, les choses ont effectivement évolué. Puis-je vous demander quel(s) réflex Nikon est (sont) capable(s) de si bonnes vidéos que celles que je viens de visionner (bravo pour le reportage Equitation). Cela me permettrait d’éviter de tout revendre, optiques comprises…
Merci ! Etienne.
Bonjour !
Je connais assez mal la gamme Nikon… Il semble toutefois que la série 100 (D3100 ou D5100) corresponde à ce que vous cherchez. N’hésitez pas à nous signaler vos plus belles réalisations !
Salut Etienne,
je viens de découvrir ce très bon site (en français de surcroît) donc j’interviens peut)être un peu tard. Si tu es toujours en recherche par rapport à Nikon pour la photo et la vidéo: le V1 est vraiment très intéressant.La visée EVF fonctionne à merveille et la qualité d’image est fantastique pour un « photoscope » « 2K ». Comme Olive j’ai testé le micro interne et la gestion automatique en milieu sonore très difficile; il s’en tire vraiment bien. Les formats de fichiers donnent des images de qualité et le 60p donne l’impression d’avoir filmé avec une caméra pro. Les nouveaux boîtiers comme le 800 semblent prometteurs (ce dernier prend en compte, en vidéo, les 3 différents formats de capteurs Nikon CX, APSC et FF). Avec le Nikon V1, j’utilise également (avec une bague) des objectifs Kern Paillard (26mm f1,1 ou le 75mm 1,9 qui ne vignettent pas et apportent le style d’image des années argentiques). Un « problème » est, bien entendu, le manque de stabilisation (mais comment faisait-t’on avant les stabiliseurs …); par contre, la luminosité et le « bokeh » sont au rendez-vous. J’utilise également des optiques type leica M.